Le Mémorial des Fusillés du Fort de Penthièvre à Saint Pierre Quiberon

Le monument rend hommage aux 59 résistants (FFI et FTP) fusillés dans le fort

dont Maxime TUFFIGO de Saint Pierre Quiberon.

Le monument a été inauguré le 11 juillet 1948 devant le Fort de Penthièvre. Conçu par Raymond Cornon, architecte des monuments historiques, il a été érigé par l’entrepreneur P. Le Corre. Il est constitué d’un obélisque en pierres de granit taillées par le carrier A. Bertrand, surmonté d’une Croix de Lorraine. 3 plaques sont apposées sur le socle, sur deux d’entre elles sont gravés  les noms et communes d’origine par ordre alphabétique.

Commémoration du 13 juillet 2019

Le monument à l’entrée du fort

Vu d’ensemble du monument

Plaque au pied du monument face l’entrée
« Aux martyrs du fort de Penthièvre
Les Français reconnaissants
Résistance de 1944″

Les noms et communes
Les noms et communes

Plaque particulière apposée au pied du monument
« À la mémoire
des 10 fusillés inconnus
dont les restes ont été découverts
le 9 juillet 1957 »
Source : http://www.lesamisdelaresistance56.com / https://fusilles-40-44.maitron.fr

Petit historique

Intégré au dispositif du Mur de l’Atlantique, ce fort se trouvait dans le périmètre de la Poche de Lorient (Morbihan) tenue par la Wehrmacht jusqu’au 7 mai 1945, date de la signature de la capitulation de l’Allemagne nazie à Reims (Marne) et de la reddition à Étel (Morbihan) des troupes allemandes qui tenaient la Poche de Lorient. Le Fort Penthièvre a servi jusqu’à cette date de lieu de détention et d’exécution. Soixante-dix patriotes y ont été fusillés après condamnation à mort ou exécutés sans jugement.

Jusqu’en avril 1944, le Fort Penthièvre a été utilisé comme prison où étaient incarcérés des soldats de la Wehrmacht frappés de sanctions disciplinaires. Le 27 avril 1944, dans le cadre de la « lutte contre les terroristes », le général Fahrmbacher qui commandait le XXVe Corps d’Armée en Bretagne, donna l’ordre d’« installer des centres de rassemblement » dans la citadelle de Brest dans le Finistère, dans la citadelle de Port-Louis et au Fort Penthièvre dans le Morbihan,

Le 11 juillet 1944, devant l’avance des troupes américaines, le chef de la Gestapo de Vannes (Morbihan) donna l’ordre au colonel Reese, officier de la Wehrmacht, d’exécuter 52 détenus de la prison surpeuplée de Vannes (56), située place Nazareth. Le major Esser, chef de bataillon de la défense côtière, chargé d’exécuter cet ordre, fit transférer cinquante détenus — pour la plupart résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) —, de la prison de Vannes jusqu’au Fort Penthièvre, où ils ont été exécutés le 12 ou le 13 juillet 1944 selon les sources. Les détenus de la prison de Vannes, parmi lesquels se trouvaient vingt-cinq résistants de Locminé, ont été emmenés deux par deux devant les pelotons d’exécution composés de SS géorgiens placés sous le commandement du lieutenant Wassilenko.
Les corps des résistants exécutés sans jugement, dont certains agonisaient encore, furent jetés dans une galerie souterraine d’une trentaine de mètres creusée à cet effet à partir d’un tunnel préexistant de quelques mètres. Cette galerie fut ensuite refermée par trois murs distants de trois mètres les uns des autres et séparés par de la terre.

L’entrée de la galerie ou furent fusillés les résistants , la plaque commémorative et les panneaux d’information

La croix érigée au fond de la galerie souterraine transformée en crypte

Le 16 mai 1945, neuf jours après la reddition de la Poche de Lorient, cinquante cadavres en état de décomposition avancée furent exhumés par des prisonniers de guerre allemands en présence du docteur Dorso, médecin légiste, et du médecin capitaine Wolfrom. Les corps étaient entassés les mains liées par des fils de fer dans le dos ou sur la tête. Au moment de la de?couverte des corps, on rele?vera sur les murs des inscriptions « Vive de Gaulle » et des croix de Lorraine entoure?es de « V », ce qui peut laisser craindre que tous n’e?taient pas morts lors de la fermeture du tunnel… Le 5 juin 1946, les vingt-cinq corps des résistants de Locminé fusillés au Fort Penthièvre ont été ramenés dans leur commune, où se sont déroulées des obsèques solennelles au cours d’une messe en plein air qui a rassemblé près de 8 000 personnes.

Le 9 juillet 1957, dix nouveaux corps ont été découverts qui n’ont pu être identifiés, une plaque au pied du monument honore leur mémoire.

La liste des noms inscrits sur le monument

BRULÉ Jean

Plumelec

DUROX A

Néant sur Yvel

JOLIVET Alphonse Jean Marie

La Chapelle Caro

LE GUENEDAL Pierre Joseph Marie

Baden

MARTIN Jean

Pluvigner

PIQUET Albert Eugène Émilien Marie

Pleucadeuc

BUSSON Georges

Locminé

ETHORE Antoine Joseph

Pluvigner

JUILLARD Arsène Louis

Messeix

LE MAGUET Jules

Pluvigner

 

MONNIER Eugène

Molac

QUILLERE Mathurin Marie
CADORET Albert Marie

Vannes

FALLOT Léon

Pluvigner

LAMOUR Joachim

Pluvigner

 

LE PENNEC André

Pluvigner

 

MONNIER Eugène Ange Marie

Pleucadeuc

SAMSON Aristide

Pluvigner

CAILLOT Alexandre Émile Victor Martin

Quily

GALERNE Pierre Marie

Pluvigner

LE BELLOUR Joseph

Pluvigner

LE ROUX Roger

Pluvigner

 

MOREL Émile Mathurin Marie

Saint Marcel

SAMSON Joseph Jean Marie

Locminé

CAILLOT Gabriel Joseph Marie

Quily

GASNIER Gilbert Charles LE BIHAN Léon Théodore

Vannes

LEMAIRE Paul

Plumelec

MOUNIER Henri

Plumelec

SIMON Charles

Pluvigner

 

CARO Albert

Pluvigner

GAUTIER J

Mohon

LE BRAZIDEC Yves Émile

Pluvigner

LENORMAND Jacques

Port-Louis

 

NAEL Jean Baptiste Joseph Marie

Pluvigner

TELLIER Marcel

Molac

DANIEL Armand

Molac

GUILLO Édouard

Pluvigner

LE COQ Jean

Plumelec

LOHEZIC Gaston Louis Henri

Pluvigner

PENPENNIC Jules

Vannes

THEBAUD Joachim

Pluvigner

DANTEC Marcel

Pluvigner

HERVÉ P

Mohon

 

LE FOULGOG Laurent Alphonse Émile

Pluvigner

LOLON Georges Jacques Marie

Pluvigner

PÉRESSE Albert Pierre Marie

Languidic

TREHIN Jean Marie Alphonse

Landévant

DAVID Eugène

Nantes

HILARY Félix

Pluvigner

LE GAL H

La Chapelle Caro

MAHÉ Victor

Brest

PERRON J

Bubry

TUFFIGO Maxime 

Saint Pierre Quiberon

DUFILS Joseph

Carcassonne

JEGO Mathurin

Plumelec

LE GAL H

Plumelec

MARECHAL Jean

Plumelec

PICHOT Robert

Plumelec

Parmi les 59 noms, Maxime TUFFIGO est le seul fusillé recensé dans le périmètre d’action des 19 communes du comité.

Sur le mémorial des FFI à AurayNé le 11 février 1926 à Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan), exécuté le 13 juillet 1944 à Saint-Pierre-Quiberon ; sans profession ; FFI. Fils de Louis Tuffigo, marin, et de Rose Alphonsine Henry, Maxime Tuffigo, célibataire, était domicilié chez ses parents à Kerbournec en Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan).

Arrêté le 29 juin 1944 à la ferme du Cosquer-en-Plaudren (Morbihan) et incarcéré à la prison de Vannes (Morbihan), il fit partie des cinquante détenus conduits le 12 juillet 1944 au Fort Penthièvre, commune de Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan), et exécutés le lendemain. L’acte de décès dressé à l’état civil de Saint-Pierre-Quiberon le 22 juin 1945 fait état de la découverte de son corps le 16 mai 1945, « fusillé au Fort Penthièvre en Saint-Pierre-Quiberon, le décès paraissant remonter au 13 juillet 1944 ». Il est enterré au cimetière de Saint-Pierre de Quiberon.

Maxime Tuffigo a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI.

À Saint-Pierre-Quiberon, son nom est inscrit sur le monument commémoratif du Fort Penthièvre et sur la plaque apposée à l’entrée du tunnel où les corps des suppliciés du 13 juillet 1944 furent emmurés. Il figure aussi sur le monument aux morts de Saint-Pierre-Quiberon et à Auray sur le monument commémoratif dédié aux FFI du 2e Bataillon du Morbihan.

http://sfquiberon-ria-d-etel.com/wp-content/uploads/2010/02/SPQ-TUFFIGO.jpg
Sa tombe dans le cimetière de Saint Pierre Quiberon

 

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