Biographie des 8 soldats Morts pour la France inscrits sur le calvaire du village de Kercado en Crac’h

A l’initiative du Général de GOUVELLO, le calvaire a été érigé en 1927 en souvenir des membres de sa famille, ainsi que des soldats du village de Kercado, proche du château familial, Morts pour la France en 1914-1918. Il se situe à Crac’h, dans le village de Kercado en direction du Fort Espagnol.

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Il met à l’honneur 8 combattants morts pour la France :

Colonel François de GOUVELLO, Lieutenant Gilles de GOUVELLO, Lieutenant Amaury de GOUVELLO, Lieutenant de vaisseau Fernand BAIN de la COQUERIE, Sous-lieutenant François CADUDAL, soldat Henri CORVEC, Soldat Guillaume COUGOULIC, soldat Henri GOUGO.

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Les information biographiques sur ces combattants sont extraites du livre ci-dessous « NOS CRAC’HOIS DANS LA GRANDE GUERRE »

 

Les 8 BIOGRAPHIES

 

Le Colonel François de GOUVELLO

 

Né le 27/01/1864 à Crac’h, François Louis Exupère est le fils de Charles Louis de GOUVELLO et d’Anne Marie Catherine de LA MOUSSAYE. Il se marie en 1903 avec Amélie ROBIN de MORHÉRY.

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La carrière militaire

Saint-Cyrien de la promotion « Madagascar 1883-1885 », Il sert comme chef de bataillon au 3e régiment de zouaves, lieutenant-colonel au 3e régiment de tirailleurs Algériens, il commande le 293e régiment d’infanterie puis le 3e régiment mixte de zouaves et tirailleurs. Il sera promu colonel en avril 1916.

Il commande La 74e brigade d’infanterie composée du 3e régiment de zouaves et du 3e régiment de tirailleurs algériens au moment ou il meurt pour la France le 14/12/1916 à Douaumont des suites de ses blessures. Il est inhumé dans la nécropole nationale de Belleray dans la Meuse, tombe 947

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Officier de la légion d’honneur à tire posthume, croix de guerre 1914-1918 avec 3 palmes, il est titulaire de 4 citations (3 à l’ordre de l’armée avec palmes et une à l’ordre de la brigade étoile de bronze).

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Les textes des citations

Citation à l’ordre de l’armée du 19/04/1914

Chargé de la défense de deux villages, a résisté à toutes les attaques de l’ennemi malgré un bombardement de plus de 40 jours et a dirigé de son coté de nombreuses attaques avec la plus grande énergie et le plus brillant sang-froid.

Citation à l’ordre de l’armée du 04/12/1915

Chef de corps de premier ordre, a, au combat du 25 septembre 1915, continuant avec deux bataillons du 3e tirailleurs, l’attaque du 3e zouaves, gagné encore deux kilomètres de terrain, s’emparant d’une batterie de gros calibre et de ses mitrailleurs faisant 300 prisonniers. Est arrivé jusqu’au fil de fer de la deuxième ligne de défense à laquelle il s’est accroché malgré un feu violent de pièces de gros calibre et plusieurs contre-attaques de l’ennemi.

Citation à l’ordre de la brigade du 23/03/1916

A la suite d’un violente commotion déterminé par l’explosion d’un obus qui tua son cheval, a du passer le commandement à l’un de ses chefs de bataillon ; a refusé de se laisser évacuer et a tenu après quelques heures de repos, dès qu’il a eu la force, a reprendre sa place à la tête de ses tirailleurs soumis en première ligne à un bombardement intense d’artillerie, donnant à tous le plus exemple de dévouement et d’énergie.

Citation à l’ordre de l’armée du 03/07/1917

Tombé glorieusement à son poste de commandement à la veille d’une attaque qu’il avait préparée et au cours de laquelle les deux régiments de sa brigade enlevèrent deux positions ennemis sur une profondeur de trois kilomètres et capturèrent plus de 1000 prisonniers et une vingtaine de canons.

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Lieutenant Gilles de GOURVELLO

Né le 05/07/1891 à Angers, Gilles Charles Joseph François Aimé est le fils d’Arthur Henri de GOUVELLO et de Marie Anne Augustine LE TORT. Il est le frère Ainé d’Amaury ci-dessous également mort pour la France.

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La carrière Militaire

Il s’engage en 1911, détient les grades de caporal en 1912, sergent en 1913, sergent fourrier en 1914. Après son rengagement en mars 1914, il devient officier avec le grade de sous-lieutenant puis de lieutenant en 1915.

Il commande la 1re compagnie du 71e régiment d’infanterie au moment où il meurt le 28/09/1917 dans l’ambulance qui l’évacuait vers un poste de secours à Glorieux près de Verdun. Il est inhumé dans le caveau familial à Candé, Maine et Loire.

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Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, croix de guerre 1914-1918 avec une palme et deux étoiles de bronze, il est titulaire de 3 citations (1 à l’ordre de l’armée avec palme et 2 à l’ordre du régiment étoiles de bronze).

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Les textes de citations

Citation à l’ordre du régiment du 12/06/1916

A pris part à toutes les actions du régiment et a commandé sa compagnie dans des circonstances difficiles notamment en juin 1916 en montrant le plus grand mépris du danger.

Citation à l’ordre du régiment du 24/05/1917

Officier brave et énergique. A l’attaque du 30 avril 1917, a commandé sa compagnie avec sang froid sous un tir très nourri de mitrailleuses. Blessé le soir du même jour au cours d’une relève particulièrement difficile.

Citation à l’ordre de l’armée du 25/10/1917

Officier brave et énergique, d’une haute valeur morale. A toujours fait preuve des plus belles qualités militaires et donné l’exemple à sa troupe. Blessé le 30/04/1917 et revenu au front à peine guéri, a été mortellement frappé le 28 septembre 1917 e dirigeant sous un violent bombardement l’organisation d’une position nouvellement conquise.

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Lieutenant Amaury de GOUVELLO

Né le 16/04/1896 à Saumur, Amaury Arthur Anne Marie Jules est le fils d’Arthur Henri de GOUVELLO et de Marie Anne Augustine LE TORT. Il est le frère cadet de Gilles ci-dessus également mort pour la France.

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La carrière militaire

Il s’engage à 18 ans, affecté au 93e régiment d’infanterie le 12 octobre 1914, il sert ensuite au 148e régiment d’infanterie puis au 410e régiment d’infanterie ou Il est nommé lieutenant au sein de la 2e compagnie du 1er bataillon. Il sert un temps comme officier d’ordonnance du général Franchet d’Espérey puis dans un état-major d’une infanterie divisionnaire avant de réintégrer le 410e. A la tête de la 2e compagnie il décède près du bois des Bouleaux, au nord de Souain, sur la commune de Sainte marie à Py dans la Marne, touché par un obus le 28/09/1918. Son Père commandant une unité non loin de là vient le récupérer et l’enterrer à Suippes. Il est inhumé dans le caveau familial à Candé, Maine et Loire.

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Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 avec 2 palmes, une étoile de vermeil et trois étoiles d’argent , il est titulaire de 6 citations (2 l’ordre de l’armée palmes, une à l’ordre du corps d’armée étoile de vermeil et 3 à l’ordre de la division étoile d’argent).

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Les textes de citations

Citation à l’ordre de la division du 10/06/1915

Arrivé depuis 8 jours seulement, a dans la journée du 06 juin fait preuve d’énergie et de sang-froid en contribuant à orienter des unités mal renseignées sur leur itinéraire, sous un très violent bombardement

Citation à l’ordre du corps d’armée du 20 mars 1916

Jeune officier d’une très grande bravoure. Après avoir pris une part brillante à l’attaque d’un petit poste allemand fortement défendu, s’est offert pour aller chercher sous un feu violent des tués ou blessés restés sur le terrain et a réussi à ramener dans nos lignes un soldat grièvement blessé, donnant à tous le plus exemple d’abnégation et de dévouement à ses hommes

Citation à l’ordre de l’armée du 02/01/01917

Jeune officier d’un entrain, d’une bravoure et d’un sang froid exemplaires. A préparé et dirigé avec une habileté consommée un hardi coup de main au cours duquel il a pénétré jusque dans les deuxièmes lignes allemandes et fait des prisonniers ; au retour a sauvé un de ses soldats en le portant sur son dos

Citation à l’ordre de la division du 30 juin 1917

Jeune officier d’un courage et d’une bravoure exemplaires. Le 16 avril 1917 a entrainé crânement sa section à l’assaut des tranchées ennemies. Le 18 avril s’est offert pour une reconnaissance périlleuse au cours de laquelle il recueilli de précieux renseignements sur l’ennemi

Citation à l’ordre de la division du 04 mai 1918

Lieutenant commandant le 2e compagnie du 410e régiment d’infanterie. Le 08 avril a pris les plus heureuses dispositions pour enrayer une attaque allemande, s’est maintenu pendant 12 heurs consécutives sur ses positions, tenant victorieusement tête à un ennemi supérieur en nombre

Citation à l’ordre de l’armée du 26 septembre 1918

D’un bravoure légendaire, soldat dans l’âme, a toujours fait rayonner autour de lui sa foi invincible en la victoire, son sentiment élevé du devoir et ses belles qualités morales. Est glorieusement tombe face à l’ennemi le 26 septembre 1918 à l’aube d’un jour de victoire en conduisant ses hommes à l’attaque des positions allemandes

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Lieutenant de vaisseau Fernand BAIN de la COQUERIE

Né le 16/02/1881, Fernand Félix Charles est le fils de d’Henri Louis Ferdinand BAIN de la COQUERIE et de Yolande Marie de GOUVELLO du TIMAT, marié le 09/02/1914 à Chatel-Censoir (89) à Marguerite CAROUGE, un enfant. Il est le cousin des deux frères de GOUVELLO ci-dessus

La carrière militaire

Il s’engage en 1899 dans la marine et intègre l’école navale, promotion 1897-1899, il est nommé enseigne de vaisseau de 2e classe en 1901 puis de 1re classe en 1912. Enseigne de vaisseau en 1904, il est promu Lieutenant de vaisseau en 1912.

Au cours de ses affection il sert à l’escadre d’Extrême Orient sur le croiseur « Dupetit-Thouars » (1906) à l’escadre du nord sur le contre-torpilleur « Mortier » (1909) et détaché en mission hydrographique en Afrique équatoriale (1911-1912). Il rejoint la 2e escadre légère sur le croiseur-cuirassé « Amiral Aube » (1914), sur torpilleur d’escorte « Capitaine Melh » (1916). Il est affecté à sa demande au bataillon de marche des fusiliers marins en septembre 1916. Il décède le 15/02/1917 frappé d’un balle en pleine tête.

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Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 avec 1 palme, il est titulaire d’une citation à l’ordre de l’armée palme.

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Le texte de citation à l’ordre de l’armée du 15 février 1917

Capitaine de compagnie remarquable par son commandement, son esprit de décision et d’organisation. Venu au bataillon sur sa demande, s’est constamment occupé d’accroitre la valeur militaire de son unité. Le 15 février 1917, étant commandant d’un point d’appui de première ligne, est tombé glorieusement d’une balle alors qu’il reconnaissait minutieusement les créneaux ennemis en vue de l’éventualité d’une action.

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Sous-Lieutenant François CADOUDAL

Né le 10/11/1880, François Marie CADUDAL est le fils de Jean Jacques CADUDAL et de Marie Perrine LE PORT, il a pour épouse Aline Marie BARROIS et deux enfants Jean Michel et Françoise. Il est élève à l’école nationale d’agriculture de Rennes, promotion 1898. Ingénieur agronome d’état, il séjournera en 1902 entre 1914 à Madagascar et au Dahomey (Bénin) ou il exercera la fonction d’inspecteur d’agriculture.

La période militaire

Engagé volontaire durant 3 ans d’où il sortira sergent en 1902, François CADUDAL est rappelé à l’activité le 01/08/1914. Il rejoint le 62e régiment d’infanterie et nommé adjudant le 19/09/1914. Il est affecté au 316e régiment d’infanterie le 16/11/1915 puis au 265e régiment d’infanterie le 15/06/1916. Il est promu sous-lieutenant de réserve le 04/08/1916. Il décède à 100 mètres au Sud d’Estrées, commune d’Estrées-Deniécourt dans la Somme le 10/08/1916, tué à l’ennemi. Il est inhumé dans la nécropole nationale de Lihons (Somme), tombe n°3981.

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Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 avec 2 étoiles de bronze, il est titulaire de deux citations à l’ordre de la brigade, étoile de bronze et du régiment, étoile de bronze.

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Les textes de citations

Citation à l’ordre de la brigade du 29 juillet 1916

Chef de section énergique, a maintenu ses troupes sous un violent bombardement malgré la perte de tous ses officiers

Citation à l’ordre du régiment du 30 juillet 1916

Sous-officier très méritant, d’un grand sang-froid, possède un grand ascendant sur ses hommes, malgré un état de santé précaire

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Soldat Henri CORVEC

Né le 18/03/1885, Henri Marie CORVEC est le fils de Joseph Marie CORVEC et de Marie Anne GUHUR.

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La période militaire

Quartier-maître au bataillon de fusiliers marins, compagnie de mitrailleuses, il décède le 23/06/1918 à l’hôpital d’évacuation 11b de Fleury-sur-Aire (Nubécourt) des suites de ses blessures. Il est inhumé dans la nécropole nationale Rembercourt-aux-Pots de Rembercourt-Sommaisne (Meuse), tombe n°1031.

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Il est décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre 1914-1918.

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Soldat Guillaume COUGOULIC

Né le 08/01/1882, Guillaume COUGOULIC est le fils de Guillaume COUGOULIC et de Françoise le GOADEC, il a pour épouse Clotilde LE JALE.

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La période militaire

Rappelé en 1914, il intègre le 72e régiment d’infanterie. Il décède le 21 février 1915 à Le Mesnil-lès-Hurlus (Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus), tué à l’ennemi.

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Soldat Henri GOUGO

Né le 11/12/1882, Henri Marie GOUGO est le fils de Henri GOUGO et de Marie Anne LE VIGOUROUX.

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La période militaire

Incorporé au le 16/11/1903 au 31e régiment d’artillerie, il est libéré de ses obligations le 18/08/1905. Rappelé le 01/08/1914, il rejoint le régiment d’infanterie de Lorient, puis il est affecté le 01/09/1915 au 173e régiment d’infanterie. Il est grièvement blessé dans le secteur du bois des Caurières (Meuse). Évacué vers l’hôpital temporaire 12 de Vadelaincourt (Meuse), il décède le 11/03/1917 des suites de ses blessures de guerre.

Inhumé dans la nécropole nationale de Vadelaincourt, tombe n°444, à la demande de la famille le corps est rapatrié dans le caveau familial dans le cimetière communal en 1923.

Tombe Henri Gougo

1 commentaire sur “Biographie des 8 soldats Morts pour la France inscrits sur le calvaire du village de Kercado en Crac’h”

  1. Je vous suis très reconnaissant d’honorer la mémoire des enfants du quartier de Kercado en Crac’h, morts pour la France pendant la Grande Guerre. Les noms de deux de mes grands-oncles figurent sur le calvaire : François Cadudal et Henri Gougo.
    J’ai une explication probable au fait que mon arrière grand mère ait fait rapatrier à ses frais et sans trop attendre les restes de son fils Henri Gougo :
    Elle avait un autre fils, Maurice, né en 1885, lui aussi rappelé en 1914, titulaire de la croix de guerre et qui a eu la chance de survivre. Peu de temps hélas car, personnel roulant aux chemins de fer, il est tué en septembre 1920 dans une explosion de locomotive.
    Les deux frères sont réunis dans la tombe dont vous présentez la photographie.
    Mon arrière grand mère reste seule avec sa fille qui épousera en 1920 Pierre Marie Madec lui- même survivant de la grande guerre mais avec une forte invalidité (3 fois blessé, légion d’honneur, médaille militaire …)
    Encore merci, très cordialement.

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