26avril 2026 à Erdeven: Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation

Hommage aux déportés et victimes de la déportation

Erdeven 26 avril 2026

Après la présentation de la cérémonie, dexu enfants du CMJ ont mon,té les couleurs puis a débuté la séquence hommage aux déportés par madame Maryline LE SAUCE présidente du comité d’Auray de l’ANACR avec la présentation de la famille Schwartzmann (prénom et âge)  par deux enfants du CMJ, la lecture du témoignange d’une des enfants rescapée (voir ci-dessous). La lecture du lecture du  Poème « A ma mère » de Gisèle Guillemot, par Mme Christine Chavenon, Adjointe au Maire.

Après la lecture du message officiel par monsieur Dominique Riguidel, maire, l’hommage aux morts a clôturé la cérémonie.

Le comité était présent avec le drapeau (Jo LE ROL) et plusieurs membres. Lors du moment de convivialité final, la médaille d’argent du souvenir français a été remis par le président du comité à monsieur le maire en remerciement des nombreuses actions mémorielles menées avec la commune.

Retrouvez les textes en suivant ce lien : Textes

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Présentation de la cérémonie 
Les autorités
Texte par les enfants et madame le SAUCE
lecture du poème 
Lecture du message officiel
Le dépôt de gerbes

La remise de la médaille d’argent du souvenir français à Monsieur Dominique Riguidel maire

Texte Mémoriel

Intervention de madame Maryline LE SAUCE

présidente de la section d’Auray de l’ANACR (association nationale des anciens combattants et amis de la résistance

«La haine de l’autre, c’est déjà un premier pas vers Auschwitz» Ginette Kolinka

 ***

Nous nous retrouvons, chaque dernier dimanche d’avril, à Erdeven, au côté de la municipalité, afin d’honorer la mémoire des victimes et héros de la déportation.

 Si se souvenir est important, ce n’est pas suffisant. Il nous faut transmettre et enseigner cette mémoire.

***

 Durant cette cérémonie, à la lecture du témoignage de Léa Schwartzmann, déportée avec ses parents et ses onze frères et sœurs au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, à la lecture du poème de Gisèle Guillemot, «A ma mère»,écrit lors de son internement à la prison de Fresnes, puis déportée au camps de concentration de Ravensbrück, ensemble, nous allons partager leurs parcours concentrationnaires et leur rendre hommage.

Nous écouterons leurs mots et les transmettrons les aux jeunes générations.

 ***

Axelle et Emma du CMJ vont nous nommer les membres (prénoms et âges) de la famille Schwartzmann.

Michel et Henriette SCHWARTZMANN et leurs enfants :
– Marcel né en 1936, – Ginette née en1941, – Madeleine née en 1939, – Marie-France née en février 1943, – Maurice né en 1938, – Pierre né en 1933, – Antoinette née en 1931, – Robert né en 1929, – Simone née en 1927, – Suzanne née en 1921, – Léa née en 1925, – Jeanne née en 1932

***

Donnons la parole à Léa (rescapée avec sa sœur  Suzanne) :

 Je n’oublierai jamais ce matin du 27 janvier 1944. Il était tôt, une camionnette s’est garée dans la rue, treize gendarmes allemands en sont descendus, armés. Et ils nous ont embarqués, les douze enfants, dont la plus jeune n’avait que quelques mois, et mes parents.
À la prison de Reims, d’abord, puis « pour Paris ». Paris c’était Drancy, aux mains des Allemands. Le premier jour, nous avons été séparés de mon père.
Nous y sommes restés cinq jours. Cinq jours abominables, l’antichambre des camps : les hurlements des Allemands et de leurs chiens qui nous terrorisaient, les appels deux fois par jour.On nous a raccourci les cheveux. Nous dormions sur de la paille, blottis les uns contre les autres. Ils avaient droit de vie et de mort sur nous.

 ** 

 Notre convoi pour Birkenau portait le numéro 67 : 1 945 personnes (550 femmes, 662 hommes, 733 enfants ).

 Beaucoup de vieillards, des malades arrachés des hôpitaux. Le trajet dans les wagons à bestiaux a duré trois jours et trois nuits, sans boire ni manger. On a compris quand ils ont fermé les portes. Entassés, sans possibilité de s’isoler pour faire ses besoins, ou allaiter comme c’était le cas de ma mère.(……)

 Je ne peux pas dire ce que c’était avec des mots, en tout cas, je ne peux plus monter dans un train. (…….)

 Lorsque les wagons se sont ouverts, les vivants ont émergé du train, hagards, perdus, des déportés sont tombés des wagons, morts. C’était terrifiant, comme sur une autre planète, l’enfer, avec les cris, les hurlements, les aboiements des chiens – j’ai toujours eu peur des chiens – l’impressionnante stature des SS, les hommes en rayé qui ramassaient nos affaires et qui restaient obstinément silencieux.

 **

Je me revois encore aider ma mère, mes frères et mes sœurs à descendre du wagon. Je revois mon père disparaître dans la cohue […] Ce jour là je l’ai perdu. Il a été englouti par la foule, sans même que je m’en rende compte. Je n’ai jamais su avec précision ce qui lui est arrivé. Je suppose qu’il n’est jamais entré au camp, qu’il a été envoyé tout de suite à la chambre à gaz […] Avant même que j’aie pu réaliser, nous avons été mis en rang et nous avons marché, machinalement, jusqu’au grand portail du camp. 

** 

Les SS ont alors effectué une première sélection. Moi, juste avant, je ne sais pourquoi, j’ai été séparée du reste de la famille. C’est alors que ma mère, qui se trouvait dans l’autre groupe, a fait signe à Suzanne, ma sœur aînée, de venir me rejoindre, afin que je ne reste pas seule.

Ma sœur et moi d’un côté, ma mère et tous mes petits frères et sœurs de l’autre. Maman a eu juste le temps de nous dire « À ce soir », et elle est partie avec ses dix enfants autour d’elle, vers les camions […]

 Nous ne les avons plus jamais revus.

 Le lendemain, j’ai cherché à savoir où étaient passés ma mère et mes frères et sœurs. On m’a montré la fumée qui ne s’arrêtait jamais dans le ciel de Birkenau et on m’a répondu « par la cheminée » sans commentaire,

ça a été le moment le plus dur.   (…..)

 **

La première chose qu’on nous a faite a été de nous raser, de nous tatouer, puis de nous mettre nues, en plein mois de février. Et la terrible vie de Birkenau a commencé.  (…..). C’était un monde de douleur, d’humiliation, de brutalité inimaginable.

**

Puis ce furent les Kommandos : on partait le matin et on rentrait le soir.

 Les coups pleuvaient, nous étions à peine nourries. J’en ai pris plus que les autres, car je ne comprenais pas les ordres en allemand, je n’arrivais pas à retenir mon matricule, qu’il fallait savoir par cœur, je ne répondais pas à temps aux questions.

Il y avait aussi les appels, des heures durant dans le froid, avec des femmes qui tombaient, qu’on ne pouvait aider et qui mouraient dans la neige, alors le compte était faux, il fallait recommencer, jusqu’à l’absurde. Nous tenions à ne pas montrer aux Allemands qu’ils étaient maîtres de notre vie, je n’en regardais jamais un dans les yeux.

Ce sadisme, cette absurde brutalité, comment avons-nous pu y survivre ? Et la famine, le froid, le typhus, comment ai-je pu y échapper ? Je ne le sais toujours pas. Une petite étoile, sans doute, m’accompagnait.

 **

Le 18 janvier 1945, Léa et Suzanne ont été évacuées par les SS vers Ravensbrück.     Elles y ont survécu jusqu’à leur libération par les troupes américaines en avril 1945. Elles pesaient alors à peine 25 kilos. En 1945, elles faisaient partie des 11 survivants parmi les 316 déportés juifs de la Marne.

Poème

Poème de Gisèle GUILLEMOT

déportée à Ravensbrück puis Mauthausen d’octobre 1943 à avril 1945

Ecoute, il faut que tu comprennes
Lui et moi on n’a pas supporté
les livres qu’on brûlait
Les gens qu’on humiliait
Et les bombes lancées
Sur les enfants d’Espagne
Alors on a rêvé
De fraternité…

Ecoute Maman, je vais te raconter,
Ecoute, il faut que tu comprennes
Lui et moi on n’a pas supporté
Les prisons et les camps
Ces gens qu’on torturait
Et ceux qu’on fusillait
Et les petits-enfants
Entassés dans les trains
Alors on a rêvé
De liberté

Ecoute Maman, je vais te raconter,
Ecoute, il faut que tu comprennes
Lui et moi on n’a pas supporté
Alors on s’est battu
Alors on a perdu

Ecoute Maman, il faut que tu comprennes
Ecoute, ne pleure pas …
Demain sans doute ils vont nous tuer
C’est dur de mourir à vingt ans
Mais sous la neige germe le blé
Et les pommiers déjà bourgeonnent
Ne pleure pas
Demain il fera si beau

Message officiel

Message  rédigé conjointement par la Fédération Nationale des Déportés, internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD), les Associations de mémoire des camps nazis et l’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés, de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR).

Journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation

Loi n° 54-415 du 14 avril 1954

Dimanche 26 avril 2026

Le dernier dimanche d’avril, notre nation est appelée à rendre hommage aux victimes et héros de la déportation disparus dans les camps de concentration et les centres d’extermination nazis.

La mort par le gaz, le travail forcé, la faim, la soif, les sévices de toutes sortes : tel était le traitement infligé à tous ceux que les nazis considéraient comme des ennemis du Reich en raison de leur engagement dans la Résistance, de leurs choix politiques, de leurs convictions religieuses, de leur mode de vie, ou même sans raison particulière pour toutes les victimes des rafles.

Lorsque les armées alliées entrèrent dans les camps, elles ont été confrontées à l’horreur de l’enfer concentrationnaire. Parmi les milliers de cadavres qui jonchaient le sol, des survivants erraient parmi les décombres, regards vides, corps décharnés : des enfants, des femmes et des hommes dont l’identité avait été retirée pour mieux les avilir.

Il s’agissait d’une entreprise systématique de déshumanisation poussée à l’extrême jusqu’à la pratique d’expériences pseudo-médicales par des médecins nazis sans aucun scrupule.

Malgré l’avancée des forces alliées sur tous les fronts, le IIIe Reich n’a pas renoncé à son dessein mortifère. Il ordonne l’évacuation des survivants des camps qui se transforme en d’impitoyables Marches de la Mort.

Les déportés qui sont revenus de cet enfer, ont vécu un retour difficile à la vie et à la liberté. Mais, fidèles aux serments prêtés à leurs camarades disparus, les survivants ont, malgré leurs propres traumatismes ou la difficulté d’être crus, pris le chemin courageux du témoignage.

Au moment où les derniers déportés nous quittent, la remémoration de leurs engagements et de leurs sacrifices doit continuer d’être un rempart contre l’ignorance, l’oppression et l’antisémitisme.

Aujourd’hui se jouent de nouveaux équilibres mondiaux dans des rapports de force anxiogènes, et le combat des déportés, attachés au respect du droit international porté par le tribunal de Nuremberg, ne doit pas rester vain.

La mémoire de la déportation s’inscrit dans le patrimoine immatériel de l’humanité en ce qu’elle a de plus sombre, aussi sa transmission se veut-elle un acte de confiance à l’égard des jeunes générations dont la conscience et la responsabilité doivent permettre de garantir les valeurs civilisatrices de paix, de liberté, de dignité pour tous.

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